Le souffle de Saint-Pierre | Mémoires incandescentes

Mémorial de la catastrophe de 1902 | Musée Frank A. Perret

« Reviens de Saint-Pierre, ville complètement détruite par masse de feu vers 8 heures du matin. Suppose toute population anéantie. Ai ramené quelques survivants, une trentaine. Tous navires sur rade incendiés et perdus. Éruption volcan continue. Je pars pour Guadeloupe chercher vivres. »
Télégramme au ministère de la Marine du capitaine Le Bris, commandant du croiseur Suchet le soir du 8 mai 1902.

On n’entre pas dans Saint-Pierre comme dans n’importe quelle ville. Cent vingt ans après 1902, que reste-t-il de la mémoire de la catastrophe ?

Cette exposition composée de podcasts et de courtes capsules sonores vient questionner la mémoire des héritiers de l’éruption. Conçu en écho aux collections présentées au sein du musée, cet ensemble sonore ouvre la parole à des expériences singulières ; les témoignages recueillis sont issus de descendants de Pierrotins, de néo-Pierrotins ou encore de personnes qui n’y ont jamais vécu mais qui ont été marquées par cet événement hors du commun.

Quelles histoires, quels mythes rendent cette mémoire encore vive ?

Une exposition de Fabienne Pélage produite par le Mémorial de la catastrophe de 1902 | Musée Frank A. Perret en partenariat avec l’association la Servante.
Cette exposition a reçu le label « Exposition d’intérêt national 2022 » et un financement du ministère de la Culture.

read less

Dans le silence des gens d’avant*
Mar 8 2023
Dans le silence des gens d’avant*
De l’indicible à l’impensable, il n’y a qu’un élan. Un élan vital sûrement à ce moment-là, jailli de cet événement si traumatisant qu’il ne peut même être mis en pensée : ville et population réduites à néant. En trois minutes. Dans le silence pourtant le traumatisme demeure, dans le non-dit il se transmet. Les descendants qui l’absorbent à leur tour, éprouvent parfois le besoin de souffler sur le linceul de cendres. Evoquer, imaginer, affleurer, supposer, tenter de comprendre de quelle manière aujourd’hui la déflagration persiste à sourdre du volcan. « Dans le silence des gens d’avant » se pose en écho à « Après l’oubli ». Avec par ordre alphabétique : Marijosé Alie-Monthieux (descendante de pierrotins), Patrick Bertrand (pierrotin), Gilles Jeanne (descendant de prêchotins), Lucas Vallerie (auteur de la BD « Cyparis, le prisonnier de Saint-Pierre » aux éditions la Boîte à Bulles), Monsieur X (prêchotin, en courses à Saint-Pierre…) Merci chacune, chacun, pour votre participation.   Liens utiles : -          Pour une représentation géographique de la Martinique > Carte de Jean-Baptiste Barret -          Pour une représentation géographique du Nord-Ouest de la Martinique avant l’éruption du 8 mai 1902 >  Carte extraite de la B.D. « Cyparis le Prisonnier de Saint-Pierre » de Lucas Vallerie - Éditions La Boîte à Bulles -          Pour une représentation des zones du Nord Caraïbes dévastées en mai et août 1902 > Carte extraite de la B.D. « Cyparis le Prisonnier de Saint-Pierre de Lucas Vallerie » - Éditions La Boîte à Bulles
Au-delà / De l’entendement
Feb 8 2023
Au-delà / De l’entendement
« La catastrophe de la Martinique dépasse tout ce que l’imagination peut concevoir. »* 8 mai 1902 – 7h50 : la ville de Saint-Pierre et 28000 habitant.e.s  sont en quelques minutes anéanti.e.s. Quels sens donner à cet événement cataclysmique ? Chacune, chacun, en fonction de ses croyances, de sa spiritualité, de sa sensibilité, de ce qui lui a été transmis par les anciens, peut raconter l’indicible, mettre des mots sur l’invisible. La vengeance des Kalinagos, la punition divine, les âmes de ces êtres disparus traversent cet ensemble de témoignages. *Journal « La France de Bordeaux et du Sud-Ouest » Édition du 12 mai 1902 Avec par ordre alphabétique : Marijosé Alie (descendante de pierrotins), Jean-Baptiste Barret (archéologue), Benoit Bérard (professeur en archéologie pré-colombienne à l’Université des Antilles), Patrick Bertrand (pierrotin), Mathurin Cadenet (pierrotin), Bruno Chauvelon (petit-fils de Julien Chauvelon, capitaine du Belem), Marie Chomereau-Lamotte (descendante de pierrotins), Marie-Michèle Darsières (descendante de pierrotins), Élise Dijon (médiatrice au musée Frank A. Perret), Daniel Eustache (pierrotin), Jean-Michel Hardy (descendant de pierrotins), Jean L’Océan-Letchimy (conteur, comédien), Germaine Pierre-Léandre (pierrotine), Andrée Torest (pierrotine), Lucas Vallerie (auteur de la BD « Cyparis, le prisonnier de Saint-Pierre » aux éditions la Boîte à Bulles). Merci chacune, chacun, pour votre participation. Liens utiles : -          Pour une représentation géographique de la Martinique > Carte de Jean-Baptiste Barret -          Pour une représentation géographique du Nord-Ouest de la Martinique avant l’éruption du 8 mai 1902 >  Carte extraite de la B.D. « Cyparis le Prisonnier de Saint-Pierre » de Lucas Vallerie - Éditions La Boîte à Bulles -          Pour une représentation des zones du Nord Caraïbes dévastées en mai et août 1902 > Carte extraite de la B.D. « Cyparis le Prisonnier de Saint-Pierre »de Lucas Vallerie  - Éditions La Boîte à Bulles
L’Infortune
Jan 8 2023
L’Infortune
Au bout du chemin qui leur faisait espérer une vie meilleure, il y avait le volcan. Des jours durant, des signes ont couru, cendres, lahars, grondements, neutralisant tous les sens, crispant la raison. Puis il a fallu une poignée de secondes pour que plus rien n’existe. Ou presque. La grand-mère d’Édouart Ancet, d’origine spiritaine, a péri dans la catastrophe du 8 mai 1902. Et l’arrière-grand-mère demeurée au Saint-Esprit, prend alors la main de sa petite-fille -future maman d’Édouard- devenue orpheline. Elle conduira cette enfant, « bébé qui lui tombe dans les bras »*, sur son propre chemin de vie. Avec dans leurs pas, ceux d’Édouard. *Propos issu de l’entretien réalisé auprès d’Édouard Ancet Édouard Ancet nous a confié son témoignage. Juliette Lochet a prêté sa voix à la pétitionnaire. Lucie Nicar chante « Manman kréyol ». Merci chacun, chacun.e, pour votre participation.   Liens utiles : -          Pour une représentation géographique de la Martinique > Carte de Jean-Baptiste Barret -          Pour une représentation géographique du Nord-Ouest de la Martinique avant l’éruption du 8 mai 1902 >  Carte extraite de la B.D. « Cyparis le Prisonnier de Saint-Pierre » de Lucas Vallerie - Éditions La Boîte à Bulles -          Pour une représentation des zones du Nord Caraïbes dévastées en mai et août 1902 > Carte extraite de la B.D. « Cyparis le Prisonnier de Saint-Pierre de Lucas Vallerie » - Éditions La Boîte à Bulles
Expavidus : épouvanté | échoué | égaré
Nov 8 2022
Expavidus : épouvanté | échoué | égaré
Centre national de ressources textuelles et lexicales : ÉPAVE Étymol. et Hist. 1283 espave : « Chose égarée ou dont le propriétaire est inconnu » (Ph. de Beauma-noir, Coutumes Beauvaisis, éd. A. Salmon, chap. 25, § 738);1581 « objet échoué après un naufrage » (Froumenteau, Finances, 1erliv., p. 17 ds Littré). Substantivation de l'adj. espave « qui est égaré » (1283, Ph. de Beaumanoir, op. cit., § 737), du lat. class. expavidus « épouvanté, qui s'enfuit sous l'emprise de la peur » dér. de pavere  « avoir peur ».Le jeudi 8 mai 1902, de nombreux bateaux composent le paysage de la rade de Saint-Pierre, ville de commerce maritime. Ils sont chargés de poteries, de carreaux, de poissons, de barriques de rhum…  À bord de ces grands voiliers, vapeurs, caboteurs, borneurs et bateaux de pêche, des marins, des passagers. Il est 7h50. « The thing was indescribable. it seemed to whirl earth and sea before it, just as the western cyclones wipe up the trees and everything in their paths ; but this was an explosive whirlwind, setting fire to everything as it went. It was only a few seconds of time (…) the city was doomed. ». Traduction : La chose était indescriptible. Elle semblait faire tourbillonner terre et mer devant elle, tout comme les cyclones saccagent les arbres et tout sur leur passage, mais c’était un tourbillon explosif, mettant tout à feu à mesure qu’il progressait. Cela ne dura que quelques secondes (…), la ville était condamnée. 1 « En arrivant dans la ville, je me suis rendu compte immédiatement qu’il n’y avait rien à faire dans cet immense brasier. J’ai pu sauver les quelques survivants qui se trouvaient à bord du vapeur anglais Roraïma, sur les épaves et à terre. »  2 « The only thing I think of now is this : how did we ever come through it all and live to escape the mad-house ? ». Traduction : La seule chose à laquelle je pense maintenant est : comment avons-nous fait pour traverser cela et échapper à cette folie ? 1 Les « Statistiques des naufrages et autres accidents de la mer » pour l’année 1902, rédigé par l’ENIM (Etablissement National des Invalides de la Marine) donne une idée du nombre de bateaux et de victimes sur mer de ce 8 mai 19021. 3 Très peu d’épaves ont cependant pu être localisées. Englouties par les eaux, gisant dans les profondeurs, rongées, elles échappent au regard de la majorité d’entre nous. Mais pêcheurs, plongeurs les côtoient, les explorent, en capturent des images, apportent leurs témoignages.  Ils prolongent ainsi leur existence. Avec, par ordre alphabétique : Mathurin Cadenet (pierrotin) - Daniel Eustache (pierrotin, pêcheur) –– Jean-Sébastien France (plongeur, président de l’ARVPAM) – Michel Météry (plongeur, co-inventeur des épaves de la rade de Saint-Pierre) Elise Dijon a prêté sa voix pour l’énumération des épaves. Naïna Patrice a soufflé dans sa belle conque de lambi. Danièle et Johann Brenet ont fait sonner la cloche de leur bateau, le Toumelin. Salomé Jolly a traduit l’extrait du journal de Ellery Scott. Merci à toutes et tous pour votre participation.   Interview , prise de son, montage, mixage par Fabienne Pélage 1 Extrait de  The tragedy of Martinique. Being the complete personal narrative of Chief Offi-cer Ellery Scott, of the Quebec liner ss. Roraïma, which was destroyed by a volcanic rain of fire in the harbour of Saint-Pierre on the morning of May 8th, 1902. An uncommon original article from the Strand Magazine, 1902. 2 Extrait du rapport du capitaine de Frégate Le Bris, commandant du Suchet, Journal L’Ouest éclair, Rennes - Édition du 26 mai 1902 - Bnf Gallica 3 Saint-Pierre de la Martinique de Serge Seuve, suivi de Saint-Pierre et la mer de Marc Guil-laume, 1999. Documents d'évaluation du patrimoine archéologique des villes de France. Liens utiles : -          Site du GRAN (Groupe de Recherche en Archéologie Navale) http://archeonavale.org/martinique/ -          Site de l’ARVPAM (Association de Recherche et de Valorisation du Patrimoine Archéologique sous-marin de la Martinique) https://www.arvpam.com/ -          Livre « Tamaya : les épaves de Saint-Pierre » de M. Météry - Éditions du Rocher -          Site du Trois-mâts Goélette monument historique Le Toumelin https://toumelin.com/
Des Cendres à Saint-Pierre
Sep 8 2022
Des Cendres à Saint-Pierre
« En plantant, en creusant, je retrouvais des dalles, des pierres, de la cendre. De la cendre de l'éruption et cette cendre me parlait, me racontait l’histoire, la souffrance mais aussi toute la richesse qui avait existé avant.»* La nuée ardente du 8 mai 1902, et d'autres éruptions ensuite, notamment celle du 20 mai 1902 dite « éruption sanitaire », enfouissent la ville de Saint-Pierre de la Martinique et quelque 28 000 victimes sous une épaisse couche de cendres et de pierres. Du légendaire Cyparis, prisonnier dans un cachot au moment fatidique, on dit qu'il est l'unique survivant de cette catastrophe, qu’il aurait survécu « à une telle température »**. D’autres cependant ont échappé à la fureur péléenne. Comme dans toute catastrophe, il y a le moment du drame et ce qui s’opère après. Dévastation, pillage, fouilles, déblaiement, reconstruction et transmission sont les fils conducteurs de cette séquence. * Extrait des propos de Jean Charles ** Extrait des propos de Maryse Lecurieux-Lafayette   Avec, par ordre alphabétique : Jean-Baptiste Barret (archéologue), Mathurin Cadenet (pierrotin, fils d’un rescapé), Jean Charles (pierrotin), Bruno Chauvelon (petit-fils de Julien Chauvelon, capitaine du Bélem qui a échappé à la catastrophe), Marie Chomereau-Lamotte (fille d’un rescapé), Eddy Commin (arrière petit-fils d’une rescapée), Elise Dijon (travaille au musée Frank A. Perret), Maguy Lecurieux-Lafayette (pierrotine, a travaillé de longues années au musée Frank A.Perret), Maryse Lecurieux-Lafayette (pierrotine, a travaillé de longues années au musée Frank A. Perret), Colette Molinard (petite-fille d’un rescapé), Charles Noëlé (pierrotin, petit-fils de rescapés), Josèphe Noëlé (pierrotine), Lucien Ramassamy (pierrotin, fils de rescapés), Raymond Saint-Louis Augustin (petit-fils d’une rescapée), Andrée Torest (pierrotine).