Le Jardin - podcast littéraire

François-Xavier ROBERT

Un podcast pour se mettre dans la peau d’une créatrice ou d’un créateur. Comprendre la méthode, la motivation, la pratique d’une écrivaine ou d’un écrivain, des femmes et des hommes qui écrivent. D’où viennent les idées ? Comment se crée un style ? Quel est la journée de travail type d'un auteur ? S’il te plaît… dessine-moi un écrivain ! Il s’agit de sortir du mythe du génie créateur, du démiurge pris de soudaines crises d’inspiration, pour s’intéresser aux savoirs et savoir-faire de l’honnête artisan. De la femme ou de l'homme à sa table de travail, à son bureau, qui écrit à la main ou sur son ordinateur, dans un calepin ou sur son téléphone... Artisan au sens le plus noble du terme : “Nous considérons l'artisanat comme une des formes exemplaires de l'activité humaine.” - Simone de Beauvoir (1908-1986), La Force de l'âge, Gallimard. “À l'œuvre, on connaît l'artisan.” - Jean de la Fontaine (1621-1695), Fables - le Frelon et les Mouches à miel. Partons ensemble à la rencontre des autrices et des auteurs, des poètes, des essayistes, des gens de plume, des gens de lettres. “Dis-moi, rose, d'où vient qu'en toi-même enclose, ta lente essence impose à cet espace en prose tous ces transports aériens ?” - Rainer Maria Rilke (1875-1926), Les roses.

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#20 Le corps et l’écriture : une rencontre avec Larry TREMBLAY, écrivain, dramaturge, poète, essayiste, professeur, metteur en scène, danseur et comédien
Sep 1 2022
#20 Le corps et l’écriture : une rencontre avec Larry TREMBLAY, écrivain, dramaturge, poète, essayiste, professeur, metteur en scène, danseur et comédien
Homme de lettres, homme de scènes, homme d’engagements, Larry Tremblay, né au début des années 50 près de la rivière Saguenay, à Chicoutimi dans la province francophone du Québec au Canada, semble avoir déjà vécu plusieurs vies tellement sont riches son parcours et son œuvre. Il est en effet l’auteur de plus de quarante textes : pièces de théâtre, romans, BD, livrets d’opéra, essais, poésie…Il se frotte à tous les genres et écrit aussi bien pour les adultes et les jeunes, que pour les enfants comme en témoigne le roman graphique Marco bleu, récemment paru.J’ai rencontré l’auteur (à distance) à l’occasion de la parution d’un autre roman, aux éditions La Peuplade, qui m’a beaucoup touché : Tableau final de l'amour (ISBN 9782924898987). C’est Sandrine de la librairie L’Instant à Paris qui m’avait signalé l’existence de ce roman. Et je la remercie pour cette découverte. Mais allons vite à la rencontre de l’auteur : Larry Tremblay.EXTRAITS"J'ai besoin d’avoir des arbres, des grenouilles, des sauterelles, des libellules autour de moi pour écrire dans une espèce de joie naturelle.”“C’était comme si penser, réfléchir, c’était aussi être ailleurs. Parce qu’en étant dans son contexte natal, sans distance, on n’arrive pas à le critiquer, on n’arrive pas non plus à l’apprécier dans sa grande valeur. On a besoin de distance, de bouger pour revenir chez soi et voir avec des yeux essuyés, des yeux propres dans quelle culture on vit.”“L’Inde a changé complètement et ma vie, et mon corps, et mon esprit.”“Toute mon écriture tourne autour du thème du corps. Et lorsqu’on fait du Kathakali, on est vraiment dans le corps. C’est une discipline corporelle très puissante, très martiale.”“Mon projet d’écriture s’est consolidé avec ma pratique corporelle du théâtre, de la danse, des arts martiaux. Et c’est cela qui est ma vraie base finalement.”“Je suis un écrivain-oreille ; et pas un écrivain-oeil. J’aime l’oralité. Je fais rarement de longues descriptions, à moins que j’entende la forêt ou la pluie qui parlent ! Les histoires viennent à moi à travers les voix humaines qui sont les voix des personnages.”“L’anatomie ludique est une technique que j’ai inventée pour mes étudiants en jeu qui veulent devenir acteur ; mais je me suis aperçu que je pouvais l’appliquer au domaine de l’écriture. Je me suis aperçu que des œuvres nécessitent des focus corporels particuliers.”“Avec l’imagination matérielle conceptualisée par Gaston Bachelard…on sent ces débris dans la chair des mots.”“Si je sais, je n’écris pas. Je ne veux pas savoir ce que j’écris. J’écris ; point.”“Il y a deux grands moments : la quête et l’enquête. Dans le processus de la quête, je ne prépare pas, je ne fais pas de recherche, je dois laisser sortir ce qui est déjà accumulé en moi…La deuxième étape est l’enquête : je considère ce que j’ai écrit comme une scène de crime. Pourquoi il a dit ceci ? Pourquoi il a fait cela ?”C'est le vingtième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire (ou une note) svp. Rendez-vous pour le prochain épisode !À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTMixage et création musicale : Julien HAURANTMusique d’intro : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCourts extraits musicaux : Melappadam, Instrumental music, Kathakali, Keli, Classical Dance Drama - ; Tuesday (Glitch Soft Hip-hop) - Musique par Amaksi, de Pixabay
#20 Le corps et l’écriture : une rencontre avec Larry TREMBLAY, écrivain, dramaturge, poète, essayiste, professeur, metteur en scène, danseur et comédien
Sep 1 2022
#20 Le corps et l’écriture : une rencontre avec Larry TREMBLAY, écrivain, dramaturge, poète, essayiste, professeur, metteur en scène, danseur et comédien
Homme de lettres, homme de scènes, homme d’engagements, Larry Tremblay, né au début des années 50 près de la rivière Saguenay, à Chicoutimi dans la province francophone du Québec au Canada, semble avoir déjà vécu plusieurs vies tellement sont riches son parcours et son œuvre. Il est en effet l’auteur de plus de quarante textes : pièces de théâtre, romans, BD, livrets d’opéra, essais, poésie…Il se frotte à tous les genres et écrit aussi bien pour les adultes et les jeunes, que pour les enfants comme en témoigne le roman graphique Marco bleu, récemment paru.J’ai rencontré l’auteur (à distance) à l’occasion de la parution d’un autre roman, aux éditions La Peuplade, qui m’a beaucoup touché : Tableau final de l'amour (ISBN 9782924898987). C’est Sandrine de la librairie L’Instant à Paris qui m’avait signalé l’existence de ce roman. Et je la remercie pour cette découverte. Mais allons vite à la rencontre de l’auteur : Larry Tremblay.EXTRAITS"J'ai besoin d’avoir des arbres, des grenouilles, des sauterelles, des libellules autour de moi pour écrire dans une espèce de joie naturelle.”“C’était comme si penser, réfléchir, c’était aussi être ailleurs. Parce qu’en étant dans son contexte natal, sans distance, on n’arrive pas à le critiquer, on n’arrive pas non plus à l’apprécier dans sa grande valeur. On a besoin de distance, de bouger pour revenir chez soi et voir avec des yeux essuyés, des yeux propres dans quelle culture on vit.”“L’Inde a changé complètement et ma vie, et mon corps, et mon esprit.”“Toute mon écriture tourne autour du thème du corps. Et lorsqu’on fait du Kathakali, on est vraiment dans le corps. C’est une discipline corporelle très puissante, très martiale.”“Mon projet d’écriture s’est consolidé avec ma pratique corporelle du théâtre, de la danse, des arts martiaux. Et c’est cela qui est ma vraie base finalement.”“Je suis un écrivain-oreille ; et pas un écrivain-oeil. J’aime l’oralité. Je fais rarement de longues descriptions, à moins que j’entende la forêt ou la pluie qui parlent ! Les histoires viennent à moi à travers les voix humaines qui sont les voix des personnages.”“L’anatomie ludique est une technique que j’ai inventée pour mes étudiants en jeu qui veulent devenir acteur ; mais je me suis aperçu que je pouvais l’appliquer au domaine de l’écriture. Je me suis aperçu que des œuvres nécessitent des focus corporels particuliers.”“Avec l’imagination matérielle conceptualisée par Gaston Bachelard…on sent ces débris dans la chair des mots.”“Si je sais, je n’écris pas. Je ne veux pas savoir ce que j’écris. J’écris ; point.”“Il y a deux grands moments : la quête et l’enquête. Dans le processus de la quête, je ne prépare pas, je ne fais pas de recherche, je dois laisser sortir ce qui est déjà accumulé en moi…La deuxième étape est l’enquête : je considère ce que j’ai écrit comme une scène de crime. Pourquoi il a dit ceci ? Pourquoi il a fait cela ?”C'est le vingtième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire (ou une note) svp. Rendez-vous pour le prochain épisode !À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTMixage et création musicale : Julien HAURANTMusique d’intro : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCourts extraits musicaux : Melappadam, Instrumental music, Kathakali, Keli, Classical Dance Drama - ; Tuesday (Glitch Soft Hip-hop) - Musique par Amaksi, de Pixabay
#19 À la recherche des lettres et manuscrits perdus : une rencontre avec Jacques LETERTRE, bibliophile - Proust, Flaubert, Rimbaud…
Jul 4 2022
#19 À la recherche des lettres et manuscrits perdus : une rencontre avec Jacques LETERTRE, bibliophile - Proust, Flaubert, Rimbaud…
Marcel Proust, Arthur Rimbaud, Marcel Aymé, Gustave Flaubert, Alexandre Vialatte et Jules Verne. Il ne s’agit pas de la liste des auteurs prescrits pour la prochaine épreuve du bac de français mais celle des six “parrains” des hôtels littéraires de Jacques LETERTRE, homme d’affaires mais surtout bibliophile. Chacun de ces six établissements permet, en effet, aux visiteurs de se plonger dans l’univers d’un grand auteur grâce aux collections de lettres et de manuscrits réunies par Jacques LETERTRE, mais aussi à des bibliothèques bien garnies et à des œuvres-d'art qui font écho à l'œuvre des écrivains. À l’occasion de la parution aux Éditions Gallimard des “Lettres à Horace Finaly” (une correspondance inédite entre Proust et son fidèle ami, grand banquier des années d’entre-deux-guerres), rencontre avec Jacques LETERTRE, un passionné qui nous fait partager ses découvertes.LIENS UTILESSociété des hôtels littéraires (avec notamment, un plan interactif sur les pas de Proust dans le Paris de la Belle Époque) : Bibliothèque littéraire Jacques Doucet :  EXTRAITS“J’appartiens à la variété du “bibliophile-lecteur” ou du “bibliophile-liseur”. C’est-à-dire que j’ai lu le livre, ou je le lis, et j’ai envie de l’avoir dans une belle édition.”“Barthes a une formule un peu brutale : “Chez Proust, on ne saute jamais deux fois les mêmes passages !” Pour moi, c’est pareil, je peux le relire et trouver encore aujourd’hui des choses que je n’ai pas senties la fois d’avant.”“Il y a le moment où vous tombez sur le Graal du collectionneur, c’est-à-dire la lettre inconnue, et qui raconte une histoire que personne n’a jamais traversée.”“Quand Proust voulait parler de quelque chose de tordu, avec des raisonnements alambiqués, il disait : “tout cela est très proustic !” Il a inventé un terme. Il est capable d’infiniment d’autodérision.” [proustic/proustique]“Je veux croire qu’une partie des poèmes de Rimbaud…C’est Germain Nouveau qui les a écrits.”“Flaubert écrivait toute la nuit et quand il avait torturé les mots, parce que ses pages sont uniquement des gribouillis. Il a tout recommencé, il a tout barré. Et pour se délasser, il écrit des lettres. Et là soudain, il n’y a pas une rature.”“Ce qui m’a beaucoup plus dans l’aventure Finaly-Proust : c’est avant tout l’histoire d’une formidable amitié. Flaubert, c’est pareil quand il écrit à Sand ou Tourgueniev.”C'est le dix-neuvième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire (ou une note) svp. Rendez-vous pour le prochain épisode !À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTMixage et création musicale : Julien HAURANTMusique d’intro : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCourts extraits musicaux : L'Isle joyeuse, L. 106, CD 109, pour piano, Claude Debussy, interprété par Yu-Shu Tsai ; Rêverie, L. 68, CD 76, pour piano, Claude Debussy, interprété par Simone Renzi, extraits en licence CC, tirés du site
#18 L’urgence d’écrire : une rencontre avec l’écrivaine Mina NAMOUS
Jun 27 2022
#18 L’urgence d’écrire : une rencontre avec l’écrivaine Mina NAMOUS
Mina NAMOUS a reçu mercredi 15 juin 2022 le Prix de l’Instant pour son premier roman paru aux éditions Dalva : Amour, extérieur nuit.Ce prix littéraire était remis dans l’hôtel littéraire Le Swann en présence de Sandrine Babu, libraire, Guillaume Perilhou, journaliste et auteur,  Juliette Ponce, éditrice, Marie-Anne Lacoma, relations libraires de la maison d’édition, et tous les membres du jury. Cette maison a fêté sa première année d’existence au mois de mai 2022, et il s’agit du premier roman francophone édité chez eux.Ce premier roman nous entraîne avec sa narratrice dans une histoire d’amour secrète entre Alger et Paris…Rencontre avec l’autrice Mina NAMOUS.EXTRAITS“À un moment, il y a une urgence d’écrire. Ce n’est plus vraiment un choix. Il y a quelque chose à mettre sur le papier, à faire sortir de soi-même et à porter au monde. À un moment, j’ai vraiment ressenti cette urgence.”“J’aime bien cette idée de la discipline, de faire quelque chose que l’on n’est pas obligé de faire, mais que l’on a extrêmement envie de faire.”“Je me suis laissée porter. C’est venu comme cela. Je ne savais pas où l’histoire me mènerait. Je ne savais pas qu’elle serait la fin. Je me suis laissée porter et surprendre.”“Depuis que je suis adolescente, j’avais très envie de faire ce geste : d’imprimer mon livre, de le relier, de le mettre dans une enveloppe et de l’envoyer par la poste !”“Le plus difficile et le plus excitant en même temps, c’est de voir son manuscrit, quelque chose qu’on a eu juste pour soi pendant longtemps, se transformer en quelque chose qui va être vu par tout le monde. C’est un peu comme lâcher, laisser partir son bébé.”“C’était aussi un rappel qu’en Algérie, surtout à cette époque-là, les années 90, une période très noire de l’histoire du pays, le drame n’est jamais loin.”“C’est une tension qui a été très forte en Algérie, et qui est restée [...] On attend que quelque chose de négatif se passe. Mais on peut aussi attendre que quelque chose de merveilleux se passe. On est toujours en train d’attendre que quelque chose se passe !”PRÉSENTATION DE L’ÉDITEURMina NAMOUS naît en 1984 à Paris dans une famille algérienne et passe son enfance et son adolescence en Algérie. Après un doctorat de droit, elle s’installe en tant que juriste et exerce d’abord à Alger avant de revenir vivre en France. De 2010 à 2014, cette ville lui inspire une série de chroniques et d’histoires, publiées sur le blog jeuneviealgéroise. Très suivis dans son pays, remarqués par la presse algérienne et française (de France Inter à L’Express), repris par de grands quotidiens algériens, ses articles évoquent la vie quotidienne d’une jeune femme en Algérie. Amour, extérieur nuit, premier roman de Mina NAMOUS se fait l’écho de cet univers littéraire.CITATION« Nuit d’Alger » par Joséphine Baker, 1936Oh, douce nuit d'AlgerQuand la brise se lèveEt caresse mon rêveD'un parfum d'orangerJe voudrais que le jourPlus jamais ne se lèveComme paraissent brèvesLes minutes d'amour[...]C'est le dix-huitième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire (ou une note) svp. Rendez-vous pour le prochain épisode !À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTMixage et création musicale : Julien HAURANTMusique d’intro : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCourts extraits musicaux : « Nuit d’Alger » par Joséphine Baker, 1936, Paroles : Maurice Hermite – Musique : Pierre LarrieuPlastic Flowers – Music by Electronic Senses from Pixabay
#17 L’écriture pour coudre les fragments et les émotions : une rencontre avec l’écrivaine Hajar AZELL
Jun 17 2022
#17 L’écriture pour coudre les fragments et les émotions : une rencontre avec l’écrivaine Hajar AZELL
Hajar AZELL est l’autrice d’un premier roman paru chez Gallimard : L'Envers de l'été. Un récit lumineux dans lequel les souvenirs sont réactivés par une disparition, où les forces de la nature se mêlent aux émotions et aux sentiments des protagonistes.Créatrice du site onorient.com qui souhaite donner à voir l’élan créatif de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, l’autrice d’origine marocaine, consultante en démocratie participative, lutte contre l’orientalisme et a décidé de placer son récit dans un pays méditerranéen imaginaire sur lequel on ne peut pas projeter nos a priori ou nos fantasmes ; mais où l’on peut retrouver l’incandescence d’un paysage et d’un art de vivre.Rencontre avec cette jeune autrice qui travaille déjà sur un autre texte.EXTRAITS“À force d’écrire, j’ai dérouillé ma plume. Et j’ai mis fin à cette peur de ne pas me sentir légitime, parce que je pense que c’est cela la plus grande barrière.”“On doit d’abord trouver la musique de son histoire…J’écris d’abord une sorte de prélude qui me sert de diapason pour retrouver cette musique du texte.”“Je me contrains à écrire tous les jours et plutôt le matin parce que j’aime bien cet état d’esprit un peu vierge de toutes les agressions, de tous les bruits de la ville, de toutes les injonctions, de toutes les notifications.”“J’écris beaucoup à l’instinct. J’aime beaucoup le fait de ne pas savoir où je vais, de pouvoir être surprise par un personnage qui m’emmène quelque part…Je ne pourrais jamais écrire si je connaissais la fin !”“C’est vraiment de l’artisanat pour moi : chaque unité, chaque phrase doit être polie, revue, relue, coupée.”“On [les écrivains] n’a pas une imagination débordante. C’est juste qu’on a décidé de la cultiver, d’y revenir, de l’archiver, d’écrire tout le temps. Moi, j’écris beaucoup par fragments : plein d’expériences ou d’émotions sont déjà écrites dans des fragments que je vais ensuite recoudre entre eux.”CONSEIL LECTURELe pain nu de Mohamed Choukri : “un livre qui m’a bouleversé, et qui peut être une expérience en soi, un livre qui raconte Tanger, un livre interdit, censuré au Maroc.” C'est le dix-septième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire (ou une note) svp. Rendez-vous pour le prochain épisode !À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTMixage et création musicale : Julien HAURANTMusique d’intro : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCourts extraits musicaux :  Cheb, artiste marocain, الشاب T U T T I - أجمل بلد فالعالم!, à écouter sur et
#16 Le roman pour tendre l’arc du temps : une rencontre avec l’écrivaine Catherine CUSSET
Jun 3 2022
#16 Le roman pour tendre l’arc du temps : une rencontre avec l’écrivaine Catherine CUSSET
Catherine CUSSET construit depuis une trentaine d’années une œuvre riche et sensible en publiant régulièrement des romans aux éditions Gallimard. Dans ce podcast, elle nous confie son goût pour les histoires qui se déploient sur un temps long afin de permettre à ses personnages d’évoluer, et, pour lui permettre à elle, l’écrivaine, de capter tous les changements, toutes les évolutions, mais aussi tous les points d’ancrage sur la durée. L’autrice a eu la gentillesse de m’accorder cet entretien lors de la 27e édition de la Journée du Livre d'Asnières-sur-Seine qui se tenait dimanche 28 novembre 2021.EXTRAITS“Lire est ma passion prédominante depuis l’enfance. Je passais d’ailleurs mon temps, enfant, à inventer des histoires. Ma soeur appelait cela “mes princesses”.”“Cela m’intéresse beaucoup d’écrire à partir de ma vie. Mais pour le faire, il faut deux choses : il faut vraiment qu’un sujet devienne très important et que le livre sorte de façon presque organique ; et il faut aussi pouvoir le faire sans blesser les personnes qui m’entourent.”“Je suis inspiré d’abord par les personnages, par les personnes.”“Le temps est le sujet prédominant de mes livres qui sont souvent sur de longues durées. [....] C’est le mouvement de la vie qui m’intéresse : c’est-à-dire à travers le temps ce qu’on devient ; ce qui change en nous ; ce qui résiste ; ce qui persiste.”“Ce qui donne l’impression de vitesse : c’est de toujours s’en tenir à l’idée principale [du roman].”“C’est une routine. J’ai besoin d’une routine. Et cette routine, il va falloir que je la recrée.”“Je crois à l’interaction. Je crois beaucoup à l’aveuglement sur soi. Donc mon but dans la vie, c’est de le dépasser, c’est d’enlever les bandeaux, c’est d’en savoir plus sur moi et sur mon écriture.”“Je crois au re-travail. La première version pour moi, c’est rien. J’en fait vingt-cinq.”ROMANS publiés chez GallimardLa Blouse roumaine, 1990 En toute innocence, 1995 À vous, 1996 Jouir, 1997 Le Problème avec Jane, 1999 La Haine de la famille, 2001 Confessions d'une radine, 2003 Un brillant avenir, 2008 Indigo, 2013, Une éducation catholique, 2014L'Autre qu'on adorait, 2016Vie de David Hockney, 2018Trois fois au bout du monde, 2020La définition du bonheur, 2021 C'est le seizième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire (ou une note) svp. Rendez-vous pour le prochain épisode !À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTMixage et création musicale : Julien HAURANTMusique d’intro : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCourts extraits musicaux : Léo Ferré – “Avec le temps”, écrit et composé par Léo Ferré, arrangé par Jean-Michel Defaye, éditions : La Mémoire et la Mer - Méridian ℗ 1971 Barclay ; Franz SCHUBERT - Quatuor à cordes n°14 en ré mineur D 810 "La jeune fille et la mort" sur
#15 La musique face aux fantômes de la guerre : une rencontre avec l’écrivain japonais Akira MIZUBAYASHI
May 16 2022
#15 La musique face aux fantômes de la guerre : une rencontre avec l’écrivain japonais Akira MIZUBAYASHI
Yann Brancherie de la librairie Le Divan à Paris recevait l’écrivain japonais d’expression française, Akira MIZUBAYASHI, à l’occasion de la sortie de son nouveau roman aux éditions Gallimard : Reine de cœur. Comme dans son précédent roman, Âme brisée, paru en 2019 qui a reçu un accueil critique élogieux et a fait la joie de nombreux lecteurs, les thèmes de la mémoire de la guerre (la Seconde Guerre Mondiale) et de ses fantômes, ainsi que les émotions et les images transmises par la musique classique, construisent une toile de fond qui nous conduit vers la découverte de belles destinées humaines. Comme l’explique l’auteur, son nouveau livre n’est pas la suite du précédent, mais “en racontant une histoire totalement différente, finalement, [il] raconte la même histoire !” Une histoire qui chante les vertus de l’art et de la paix. Lors de cette rencontre en librairie, Akira MIZUBAYASHI nous décrit avec précision la genèse de son nouveau roman. Passionnant !EXTRAITS“Les fantômes qu’on essaie de raviver, les fantômes qu’on essaie de faire revivre, c’est une idée qui remonte à l’époque d’Âme brisée, à l’époque d’Armistice.”“C’est pour cela que cette musique [la Symphonie n° 8 de Chostakovitch] a fait écho. Si elle m’a parlé si fortement, c’est parce que, justement, elle est entrée en résonance parfaite avec mes divers souvenirs : celui de la lecture du roman de Murakami, celui du film de Kobayashi, du roman de Gomikawa Junpei et celui des souvenirs de mon père.”“Mon idée, c’était non pas d’être fidèle à toutes les émotions musicales de cette symphonie, mais de “mimer” un petit peu ce qui se passe dans cette symphonie.”“C’est tellement visuel ! Quand on écoute cette musique, on voit des choses horribles. On voit. Et Jun, c’est un musicien, quand il voit des choses horribles, il entend cette musique.”“Je ne dirais pas que je pense par la musique. Mais je dirais que je pense, que je réfléchis, que je sens en compagnie de la musique.”“J’aime bien alterner les chapitres longs et les chapitres courts. Quand c’est court, c’est vraiment court."“J’écris et je relis à haute voix. Et si je ne suis pas satisfait en lisant à haute voix ce que j’ai écrit, il faut que je réfléchisse…”“Le mot “musicalité” de la langue française n’est pas adapté à ce que je ressens. Je ne sais pas si le français est plus musical que le japonais. À mon avis cela ne se passe pas comme cela. Du moment que je suis engagé en français dans ce livre, je ne pense pas à la langue japonaise.”CITATIONS Haruki MURAKAMI, Le Meurtre du Commandeur, Éditions Belfond, 2017Masaki KOBAYASHI, La condition de l’homme, film réédité en coffret par Carlotta Films. Film lui-même adapté du livre de Junpei GOMIKAWA.Solomon VOLKOV, Témoignage - Les mémoires de Dimitri Chostakovitch, Albin Michel, 1980Dimitri CHOSTAKOVITCH, Symphonie n° 8 interprétée par le Berliner Philharmoniker dirigé par Andris Nelsons, ainsi que la version de Michael Sanderling C'est le quinzième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire (ou une note) svp. Rendez-vous pour le prochain épisode ! À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTMusique : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCourt extrait sonore :  Edward Elgar - Salut d'Amour (Love’s greeting), interprété par Midori Gotō et Robert McDonald
#14 Écrire pour les autres, un engagement et une responsabilité : rencontre avec Évelyne BLOCH-DANO - écrivaine, biographe, critique
Feb 2 2022
#14 Écrire pour les autres, un engagement et une responsabilité : rencontre avec Évelyne BLOCH-DANO - écrivaine, biographe, critique
Évelyne BLOCH-DANO a pris son temps : le temps d’aller à la rencontre des œuvres et des écrivains qu’elle aime, le temps de développer son art et sa pratique de l’écriture, avant de s’engager dans la publication de ses propres ouvrages. Férue de littérature, elle a enseigné, beaucoup écrit sur les livres des autres avant de proposer les siens aux éditeurs et aux lecteurs. Rencontre au milieu des vignes, comme dans un jardin…EXTRAITS“J’ai beaucoup travaillé sur les maisons d’écrivains. J’en ai visité environ 150.”“J’ai toujours écrit. J’écrivais plutôt des nouvelles, des romans…J’ai écrit très jeune sans que cela soit publié…C’est quelque chose que je portais en moi. Je savais qu’un jour cela prendrait sa place. Mais j’ai été patiente. Je pense qu’il y a des écrivains précoces et d’autres qui ont besoin de mûrir.” “Les choses viennent quand elles doivent venir.”“J’essaie d’être la plus fidèle possible à la vérité mais j’ai en tête les lecteurs. Je crois qu’il y a écart important, significatif entre ce que l’on écrit pour soi et ce que l’on écrit pour les autres.”“J’ai éprouvé beaucoup de plaisir, de bonheur grâce à certains écrivains, comme Colette qui m’a accompagnée très longtemps.”“S'il y a une chose que je peux conseiller, c’est de lire la correspondance de Georges Sand qui est géniale ! Pour moi, c’est la plus grande épistolière de notre littérature. Elle est formidable.” “C’est un projet qui est né avec des musiciennes qui faisaient un CD sur Mahler et qui m’ont demandé de participer au livret. J’ai commencé à faire une recherche. J’ai eu envie d’approfondir et j’ai rencontré Natalie Bauer-Lechner.” “Un livre, c’est beaucoup d’investissement, de temps…c’est une partie de ma vie.” “Si je n'étais pas sensible aux retours des lecteurs, j’écrirais pour moi.” “Quand on publie des livres, on prend une responsabilité. C’est aussi un travail d’équipe.” “Je participe à tout : la couverture, la maquette…J’ai même choisi le papier pour le livre sur les jardins et les maisons d’écrivains.” “Il faut se ménager à soi-même des surprises. Je ne sais pas ce que j’écrirai ensuite et je n’ai pas envie de savoir pour l’instant.” LIVRE DE L'AUTEUR (sélection)Flora Tristan. J’irai jusqu’à ce que je tombe, Petite Bibliothèque Payot, 2006 Le Dernier Amour de George Sand, Grasset, 2010 Une jeunesse de Marcel Proust, Stock, 2017 Mes maisons d'écrivains, Stock, 2019L’Âme Soeur - Natalie Bauer-Lechner et Gustav Mahler, Stock, 2021C'est le quatorzième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire (ou une note) svp. Rendez-vous pour le prochain épisode ! À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTMixage et création musicale : Julien HAURANTMusique : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCourt extrait musical : Piano moment par ZakharValahasur Pixabay ; Symphonie N°1 de Gustav Malher, 1er mouvement “Langsam. Schleppend. Wie ein Naturlaut — Im Anfang sehr gemächlich”  www.musopen.org
#0 NAPLES K. 466 : poème en prose en éloge à la ville italienne de Naples
Jan 1 2022
#0 NAPLES K. 466 : poème en prose en éloge à la ville italienne de Naples
Bonjour à toutes et tous,Pour ce premier jour de la nouvelle année, que je vous souhaite riche de belles surprises, je vous propose un épisode #0, un poème en prose original que j'ai écrit entre septembre et décembre 2021 suite à un voyage en Italie : NAPLES K. 466.C'est à la fois un dithyrambe dans lequel je chante les louanges de la vénéneuse ville de Naples, un hommage aux boucles musicales lancinantes de Scarlatti, un clin d'oeil à la poésie libre d'Allen Ginsberg...à ma façon. Je ne prétends ni être poète, ni vouloir me mesurer aux génies de ces illustres créateurs. Mais c'est la ville de Naples et son atmosphère si particulière qui m'ont enthousiasmé et fait choisir cette forme poétique.Je vous l'offre comme un cadeau pour clore l'année 2021 et ouvrir sur 2022. J'espère du fond du coeur que vous l'apprécierez. Je reprendrai les interviews avec les auteurs et autrices dès le prochain épisode.BONNE ANNÉE !EXTRAIT ...Naples tressaute sur ses pavés, défoncés pendant des siècles, et noirs comme le sang séché du Vésuve. Naples exhibe ses Saints dans les ruelles, Saint Janvier, Saint Maradona, Saint Martin,et les grands-mères chassent le mauvais œil.Naples pue la poubelle mafieuse, Naples est sale, papiers gras et détritus, Naples est brouillonne. Naples parle fort, les corps morbidi (mous et tendres) ne craignent ni la lumière, ni le qu'en dira-t-on. Être cantonnier à Naples, Mamma mia, quel enfer, Même Sisyphe et son rocher ne voudrait pas du job. Seule la mer étale affiche toute l'annéeune sérénité parfaite, un infini de bleu, horizon rarement démonté.Naples tu as confié aux peintres des ruesle soin d'égayer de vives couleurs et de signestes murs crasseux et tes façades décrépites. Naples, il fait trop chaud, sauf aux rez-de-chaussée de tes palazzi, qui ne voient jamais les rayons du jour. Dans ces bassi s'entassent les miséreux depuis des siècles. Naples, croquettes de macaronis. Naples, les tripes sur la table. Naples boit les larmes du Christ. Naples, babas bien imbibés. Le peuple manque de pizzas. Qu'ils mangent des babas ! Le baba, c'est le volcan rendu inoffensif, c'est la menace du géant domptée, Un cône renversé, dont ne jaillit que de la crème. ...À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTMusique :  Sonate en fa minore k. 466 de Scarlatti, jouée à la harpe synthétique sur Garage BandCourtes citations musicales : Magic Fly (2009 Re-master) , tiré de Space Album The Array Vol. 1 et composé par Didier MarouaniBruitage : volcan explosif ; cloches d'église ; avion qui décolle
#13 Une vie à cent à l’heure : rencontre avec Maud TABACHNIK - autrice de romans noirs
Dec 28 2021
#13 Une vie à cent à l’heure : rencontre avec Maud TABACHNIK - autrice de romans noirs
Victime : c’est pas son genre ! Maud TABACHNIK a écrit une quarantaine de romans en une trentaine d’années. Son truc à elle, c’est la littérature policière : le roman noir, le thriller politique, le roman historique, le suspense...Et tout comme elle n’hésite pas à critiquer les gens ou les attitudes qui l’agacent, elle ne baisse jamais les bras non plus devant les sujets les plus difficiles : le viol, les névroses familiales, l’homophobie, la consanguinité, la paranoïa sectaire, l'antisémitisme, la pédophilie, le monde des tueurs...« Je n'ai aucune confiance en l'être humain, aucune » ; « L’être humain se repaît d’horreur »... Tout en reconnaissant un pessimisme assez radical, elle met sa combativité, son énergie et son envie de vivre au service de son écriture. Rencontre avec cette pionnière du noir au féminin.Attention, ça dézingue !EXTRAITS“Mes livres ont des fins ouvertes. Les coupables n’y sont pas toujours punis, parce que dans la vie, c’est comme ça : on n’est pas toujours puni !”“Je ne peux pas supporter la violence gratuite. Je suis quelqu’un d’assez violent ; mais il faut me provoquer, me dire des choses qui me mettent hors de moi.”“Mes livres sont très noirs, je fais partie des auteures les plus sombres. Je me dis que depuis qu’on est bipède et qu’on s’est redressé, ça ne va pas très bien.”“Je sais ce que c’est que la chance de vivre.”“J’apprécie chaque minute, chaque minute où l’on est bien, parce qu’après c’est très long l’éternité. Très long !”“Les difficultés font partie de la vie. On ne peut pas avoir une vie linéaire où il ne se passe rien.”“Je ne m’ennuie pas, parce que je suis en bagarre. Je pense beaucoup au plaisir, mais je me bagarre dans la vie pour mes idées. Et ça, ça donne de l’énergie.”“Avec moi, les femmes ne sont pas des victimes. Ce sont des battantes.”“Quand je parle d’un pays, j’étudie complètement le pays...J’apprends en même temps que j’écris.”“Je ne sais pas à la page 44, ce qui va se passer à la page 45. Je ne sais pas. Je me laisse emporter par l’histoire, par les personnages. Je n’ai aucun plan.”“J’aime l’atmosphère des années 50. Il y avait un élan. C’était après la guerre, les gens avaient envie de vivre.”SÉLECTION DE LIVRES DE L’AUTEURUn été pourri, Viviane Hamy, 1994 Le sang de Venise, Flammarion, 1999Le Cinquième jour, Albin Michel, 2001Désert barbare, Albin Michel, 2011Jours de glace, City editions, 2019Jeux de dupes, City editions, 2021 C'est le treizième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.Espérons qu’il nous porte chance !Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire (ou une note) svp. Rendez-vous pour le prochain épisode.À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTMixage et création musicale : Julien HAURANTMusique : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCourtes citations musicales : Dark Rock Thriller, Musique de Gioele Fazzeri depuis  Pixabay ; extrait de la bande-annonce du film Kill Bill : Volume 1 de Quentin Tarantino, sorti en 2003 - Miramax Films
#12 Rêves, fantômes et littérature : rencontre avec Philippe GRIMBERT - psychanalyste et écrivain
Dec 2 2021
#12 Rêves, fantômes et littérature : rencontre avec Philippe GRIMBERT - psychanalyste et écrivain
Auteur d’une dizaine de romans et d’autant d’essais, Philippe GRIMBERT, l’écrivain, travaille sur les secrets de famille, les rêves, le deuil, l’amour...sur les histoires des individus qui toutes, comme il l’explique si bien, une fois transcrites par écrit, possèdent un caractère romanesque. Son métier de psychanalyste nourrit sa pratique et son art de romancier.Écoutons-le.EXTRAITS“Les rêves nous délivrent des messages qui viennent de notre inconscient, non pas tout droit, mais avec quelques détours : décoratifs, imaginaires, scénaristiques...je dirais. Et c’est aussi un très beau matériel pour l’écriture.”“Il y a du ‘pur’ dans le rêve, malgré l’aspect tortueux de la chose et la difficulté, souvent, de l'interpréter."“En rencontrant une maison d’édition, j’ai aussi rencontré une éditrice extrêmement rigoureuse et exigeante...cruelle ! C’est-à-dire que j’ai pu la trouver cruelle quand je voyais qu’elle me rendait mes manuscrits avec un post-it à chaque page.”“Il n’est pas une fois où une des phrases qui m’a fait dire : ‘Oh, que c’est joli, ce que je viens d’écrire !’ n’a été rayée par mon éditrice en disant : ‘trop facile !’.”“Il faut renoncer à ce à quoi l’on tient le plus.”“Il y a des auteurs qui m'inspirent parmi les contemporains, et d’autres qui me nourrissent parmi les classiques.” “Quand une idée de roman vient, à ce moment-là j’y pense tout le temps, pendant neuf mois, “J’écris quand c’est prêt et je ne m'arrête plus !” “Une histoire, aussi banale semble-t-elle, dès qu’elle est écrite, devient une histoire romanesque.”“Ne pas envisager de grands sujets. Pas de grands sujets ! Essayer d’écrire sur des petites choses qui vous emmènent vers les grandes.”CITATIONSLes rêves sont des messages des profondeurs.Message d’ouverture du film Dune de Denis Villeneuve, adaptation épique du roman de Frank Herbert de 1965Je m’étais attendri moi-même en écrivant, je jouissais délicieusement, et de l’émotion de mon idée, et de la phrase qui la rendait, et de la satisfaction de l’avoir trouvée... 24 avril 1852Maintenant par combien d'étude il faut passer pour se dégager des livres ! et qu'il en faut lire ! Il faut boire des océans et les repisser.8 mai 1852Ce qui me semble, à moi, le plus haut dans l'Art (et le plus difficile), ce n'est ni de faire rire, ni de faire pleurer, ni de vous mettre en rut ou en fureur, mais d'agir à la façon de la nature, c'est-à-dire de faire rêver. 26 août 1853 Flaubert, Lettres à Louise ColetLIVRES DE L’AUTEURLa Petite Robe de Paul, Éditions GRASSET, 2001Un secret, Éditions GRASSET, 2004La Mauvaise Rencontre, Éditions GRASSET, 2009Un Garçon singulier, Éditions GRASSET, 2011Nom de Dieu !, Éditions GRASSET, 2014Rudik, l'autre Noureev, Éditions PLON, 2015Les morts ne nous aiment plus, Éditions GRASSET, 2021C'est le douzième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire (ou une note) svp. Rendez-vous pour le prochain épisode !À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTMusique :  Mélodie hongroise de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCourtes citations musicales : Strange Dreams Pixabay
#11 En lisant en écrivant : rencontre avec François-Henri DÉSÉRABLE - écrivain
Nov 8 2021
#11 En lisant en écrivant : rencontre avec François-Henri DÉSÉRABLE - écrivain
François-Henri Désérable vient de recevoir le Grand Prix du roman de l'Académie française pour son dernier livre "Mon maître et mon vainqueur". Revenons quelques temps en arrière lors de ma rencontre avec cet auteur fort sympathique pendant le salon Livres en Vigne. Extraits“J’ai commencé à écrire au moment où j’ai commencé à lire.”“Je pense que cet esprit compétiteur que j’ai eu assez jeune m’est resté. Sauf qu’en littérature à la différence du hockey sur glace, à la différence du sport, la compétition n’est pas contre un adversaire...mais c’est une compétition avec soi-même.” “Je crois que j’ai tiré du hockey sur glace et de la pratique d’un sport à haut niveau une certaine exigence envers moi-même et une certaine discipline surtout.”“Il y a des jours, voire des semaines entières, où je n’écris pas une ligne. En revanche, j’ai l’impression que tout ce que je fais dans ma vie tend vers l’écriture.”“Une des raisons pour lesquelles je suis devenu écrivain, c’est parce que je voulais que, me trouvant un après-midi un livre à la main, allongé sur mon canapé, on baisse la voix, et, qu’avec une tonalité respectueuse, on dise : il travaille.”“J’ai l’impression que beaucoup de gens pensent que s’ils prennent un stylo et une rame de papier ou un ordinateur, ils vont savoir écrire. Mais non ! C’est un art et un artisanat. Cela prend du temps.”Citations Es-tu brune ou blonde ?  Es-tu brune ou blonde ? Sont-ils noirs ou bleus, Tes yeux ? Je n'en sais rien mais j'aime leur clarté profonde, Mais j'adore le désordre de tes cheveux.  Es-tu douce ou dure ? Est-il sensible ou moqueur, Ton cœur ? Je n'en sais rien mais je rends grâce à la nature D'avoir fait de ton cœur mon maître et mon vainqueur. Fidèle, infidèle ? Qu'est-ce que ça fait, Au fait Puisque toujours dispose à couronner mon zèle Ta beauté sert de gage à mon plus cher souhait. Paul VerlaineLes chansons pour elle (1891)Nulla dies sine lineaLocution latine qui signifie « pas de jour sans une seule ligne ». Elle trouve sa source chez Pline l'Ancien (23-79) et fut reprise par le jeune et mélancolique Kierkegaard (1813-1855)  : « Comme on dit d’ordinaire : nulla dies sine linea, ainsi puis-je dire de ce voyage : nulla dies sine lacryma. »En lisant en écrivantRecueil de fragments et de notes de Julien Gracq, publié en 1980Il y a trois règles à respecter pour écrire un roman. Malheureusement, personne ne les connaît.William Somerset MaughamLivres de l’auteur parus aux éditions GALLIMARDTu montreras ma tête au peuple,  2013Évariste, 2015Un certain M. Piekielny, 2017Mon maître et mon vainqueur, 2021C'est le onzième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire (ou une note) svp. Rendez-vous pour le prochain épisode !À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTCourtes citations musicales : Écoutez la chanson bien douce, poème de Paul Verlaine mis en musique et interprété par Léo Ferré (Album “Léo Ferré Chante Verlaine et Rimbaud”, Barclay) ; Flow et Plastic flowers - Music from Pixabay
#10 Donner vie aux images : rencontre avec Hélène BONAFOUS-MURAT - romancière, experte en estampes anciennes et modernes
Oct 28 2021
#10 Donner vie aux images : rencontre avec Hélène BONAFOUS-MURAT - romancière, experte en estampes anciennes et modernes
Hélène BONAFOUS-MURAT a des images plein la tête ! Elle expertise depuis de nombreuses années des estampes anciennes ou modernes, et ce travail au plus près des œuvres d’art nourrit son imaginaire.Elle nous explique comment dans ce podcast enregistré lors du salon Livres en Vignes.Écoutons-la.EXTRAITS“J’ai un ensemble d’images en tête, qui m’habitent, qui vivent dans mon cerveau et sur lesquelles j’ai eu besoin de mettre des mots par le biais de constructions romanesques.”“Pour mon nouveau roman, je me suis imprégnée des estampes de Daumier : XIXe siècle, grand caricaturiste, portraitiste de la société, qui m’a fourni peut-être pas exactement mes personnages mais une certaine vision de Paris et de la société de l’époque.”“Le roman est né du verso de ces estampes. C’est comme si ma fiction était l’envers de mon travail d’expert.”“Les romans partent souvent d’une émotion. J’ai trouvé dans l’état civil - par bonheur qui a survécu, parce qu’on sait qu’en 1871 l’Hôtel de Ville a brûlé et avec lui tous ses documents - néanmoins l’état civil m’a prouvé que mon jeune Charles est mort à 25 ans, certainement dans la misère...J’ai voulu lui écrire une histoire fictive, la vie qu’il n’a pas eue, comme une sorte de tombeau, de compensation, de rédemption…”“C’est important pour moi que les œuvres d’art en couverture viennent soutenir le roman et l’incarner.”“Pour moi, chaque roman doit être un projet littéraire différent, revisiter des grands principes. Ce nouveau roman revisite le roman d’apprentissage. Il faut un certain culot pour oser se mesurer à Flaubert, Balzac, Zola, mon maître…”“Chaque roman, comme disait Echenoz, est aussi le lieu où deux idées se rencontrent. Il y a à la fois une thématique, un sujet qui s’empare de nous, et la volonté de le traiter selon un certain fil, une certaine ligne, une certaine idée, une intention en tout cas.”“Les images sont là pour moi mais je veux leur donner corps, je veux les mettre littéralement en 3D. Et ce qui ressort souvent de l'expérience de mes lecteurs, c’est qu’ils ont l’impression d’y être.”“Écrire le soir peut avoir ses limites. On est souvent plus lyrique. Il est nécessaire de relire ce que j’ai écrit le soir au petit matin, dans le monde de la raison, pour me rendre compte que certains effets sont à gommer, sont un peu trop dans l’emphase, dans l’émotion...C’est très intéressant ce rapport jour-nuit.”LIVRES DE L’AUTEUR PARUS AUX ÉDITIONS LE PASSAGEMorsures, 2005 Échafaudage, 2007 L’Ombre au tableau, 2009 Avancez masqués, 2018 La Caravane du pape, 2019 Le Jeune homme au bras fantôme, 2021C'est le dixième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire (ou une note) svp. Rendez-vous pour le prochain épisode ! À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTMixage et création musicale : Julien HAURANTMusique : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCourt extrait musical : Générique français de la série américaine L'HOMME QUI VALAIT 3 MILLIARDS ; The best day  - Music by Skilsel from Pixabay
#9 Le roman comme espace de liberté : rencontre entre le réalisateur et écrivain ALAIN GUIRAUDIE et le journaliste GUILLAUME PERILHOU
Oct 15 2021
#9 Le roman comme espace de liberté : rencontre entre le réalisateur et écrivain ALAIN GUIRAUDIE et le journaliste GUILLAUME PERILHOU
Guillaume PERILHOU, journaliste littéraire au magazine Têtu et parrain de la librairie L’Instant, située à Paris dans le 15e arrondissement, a reçu Alain GUIRAUDIE, réalisateur et écrivain, à l’occasion de la sortie chez P.O.L. du dernier livre de l’auteur : RABALAÏRE.EXTRAITS“Je pousse un peu plus le bouchon sur la fascination pour la laideur. Il y a quelque chose qui est à la fois de l’ordre du goût personnel, du fantasme personnel aussi...du fantasme et d’un désir politique : l’importance pour moi de combattre les canons de beauté, ou, en tout cas, d’érotiser, de sexualiser une partie de la population qui a rarement droit à ça ! Dont les vieux, dont les gros, dont les moches !”“Il y a un truc qui s’est trouvé chez moi du côté du roman. J’arrive à tenir la plume pendant longtemps. Sans me mettre la pression, arriver au bout d’une œuvre aboutie…”“L’écriture scénaristique m’a beaucoup aidé. Des années de pratique m’ont aidé à simplifier, à clarifier ma pensée. Je me suis un peu libéré aussi de la grande littérature, je me suis un peu libéré de certaines influences, de l’idée de la grande littérature.”“J’ai trouvé une forme de simplicité dans une écriture très orale, et surtout un peu “hémorragique”. J’ai libéré ma plume.”“Dans la littérature, on peut laisser aller la plume, se laisser aller à l'inconscient."“Quand je n’ai plus rien à dire, j’arrête d’être devant mon ordinateur, je fais autre chose.”“Écrire, c’est beaucoup plus compliqué qu’une prière. C’est un mélange d’intuition, de déduction, de composition, de rédaction.” “J’ai l'impression quand j’écris, que je ne suis pas vraiment le même. Il y a quand même quelqu’un d’autre. Je suis avec cette espèce de double fantasmé qui est Jacques.”“Ce que je dis sur le formatage dans le milieu du cinéma a lieu aussi dans la littérature. Je ne pense pas qu’il y aurait 50 000 éditeurs qui me publieraient le roman comme ça, sans me dire :  écoute, c’est trop long, les gens vont avoir du mal à le lire dans le TGV Paris-Marseille.”“Je me sens plus inventif dans la littérature que dans le cinéma aujourd’hui.”“Être universel avec que des hommes, à poil, au bord d’une plage !”“Le mariage, pour moi, ça reste un vieux concept chrétien, un peu con, qui ne correspond plus vraiment à la conjugalité moderne. Le PACS lui correspondrait plus.”"L'universalité passe par le genre, par cette tension entre l’érotisme et la mort.”“Beaucoup d’écrivains travaillent dans le sens du style, de la belle langue, du formatage...Tout cela, ça me déplaît.”“Je rêverai d’une littérature populaire.”“On aime des choses parce qu’on nous a donné à voir quelque chose que l’on ne désirait pas forcément. On se met à désirer quelque chose dont on n'avait même pas idée.”LIVRES D’ALAIN GUIRAUDIE2014 : Ici commence la nuit, P.O.L 2021 : Rabalaïre, P.O.LLONGS MĖTRAGES D’ALAIN GUIRAUDIE2003 : Pas de repos pour les braves 2005 : Voici venu le temps 2009 : Le Roi de l'évasion 2013 : L'Inconnu du lac 2016 : Rester vertical 2022 : Viens je t'emmène (date de sortie à préciser)C'est le neuvième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire (ou une note) svp. Rendez-vous pour le prochain épisode !À LA TECHNIQUEConception : François-Xavier ROBERTMixage et création musicale : Julien HAURANTMusique : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCourt extrait sonore : bandes annonces des films d’Alain Guiraudie, Le Roi de l’évasion et L'Inconnu du Lac. Bruitage :  Gong, bigsoundbank
#8 La liberté de raconter le monde : rencontre avec Olivier ROGEZ - écrivain, grand reporter, journaliste
Oct 6 2021
#8 La liberté de raconter le monde : rencontre avec Olivier ROGEZ - écrivain, grand reporter, journaliste
Olivier ROGEZ, journaliste, grand reporter en Russie puis en Afrique est passé du journalisme au roman pour retrouver une liberté et une plasticité dans l’écriture. Pour lui, il s’agit toujours, dans les deux cas - dans le journalisme, comme dans l’écriture romanesque, de raconter le monde. Mais le roman lui permet une plus grande inventivité. Il peut y donner libre cours à sa folie, se faire conteur pour appréhender la réalité au plus juste et avec beaucoup d’humanité.Écoutons-le !EXTRAITS“Je pense que ce qui nourrit les œuvres de fiction, c’est notre vie en fait : qu’elle soit intérieure, qu’elle soit intime ou qu’elle soit extérieure.”“On pourrait me définir comme un écrivain voyageur...J’essaie de parler de nous en parlant du monde et en parlant de moi.”“Je voulais parler d’une problématique universelle qui nous concerne tous : l’instrumentalisation que les églises font de la religion, de la relation de pouvoir qui se noue entre les hommes d’église et les fidèles.”“Avec le roman, on est beaucoup plus libre : on réinvente la vie, on réinvente l’actualité, on réinvente la société avec une immense liberté.”“J’avais besoin de retrouver cette liberté de raconter le monde de la façon qui me plaisait, en y mettant mon invention, ma folie, en y mettant des dimensions de conte.”“En ce moment, je relis Jean Genet qui est sorti dans la Pléiade. C’est un modèle sensible. C’est la sensibilité de Jean Genet qui me parle, qui me touche.”“J’aime beaucoup les romans fleuves habités et peuplés de nombreux personnages.”“Quand je commence un roman, je m’accroche à un auteur le plus loin possible de mon univers, comme ça j’évite les interférences. Si je vous parle de Genet,...c’est qu’il m’a servi de point d’ancrage non pas dans l’imaginaire, non pas dans le style mais pour sa liberté, pour son anticonformisme."“En faisant mes recherches sur ce courant évangélique, je me suis aperçu qu’il y avait une évolution du protestantisme qui collait extrêmement bien à la mondialisation ultralibérale.”“Le roman ne tient que par les personnages qui apparaissent au premier plan, se posent des questions, sont perdus, cherchent Dieu, ne le trouvent pas...mais ils vont trouver autre chose, parce qu’au bout du chemin, on trouve toujours quelque chose.” “Allez-y ! Et surtout ne vous bloquez pas par rapport aux jugements des autres. On a le droit de se tromper, on a le droit de recommencer, on n’a pas le droit de ne pas avoir essayé : sinon on le regrettera toute sa vie !”“Petit à petit, on façonne son envie d’y aller, on prend un peu d’assurance. Il ne faut jamais s’arrêter parce que les autres vous ont dit : non, t’es pas fait pour ça !”LIVRES DE L’AUTEUR PARUS AUX ÉDITIONS LE PASSAGEL’Ivresse du sergent Dida, 2017Les Hommes incertains, 2019Là où naissent les prophètes, 2021 C'est le huitième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire (ou une note) svp. Rendez-vous pour le prochain épisode ! À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTMixage et création musicale : Julien HAURANTMusique : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCourt extrait musical : Energetic Hip Hop - Music by Skilsel from PixabayRythme :  "Instinct", tambours taiko www.bensound.com
#7 Le roman pour penser l’ambiguïté : rencontre avec Guillaume SIRE - écrivain et enseignant à l’université Toulouse Capitole
Oct 4 2021
#7 Le roman pour penser l’ambiguïté : rencontre avec Guillaume SIRE - écrivain et enseignant à l’université Toulouse Capitole
Guillaume SIRE est maître de conférences à l’université de Toulouse. Il s’intéresse à la gouvernance d’Internet, aux moteurs de recherche, à Google. Guillaume SIRE est écrivain. Il s’intéresse à tout et change à chaque fois de sujet dans ses romans. Il nous recommande la lecture d’Homère, Shakespeare, Antonio Gamoneda, Anton Beraber, Marien Defalvard, Paul Gadenne.Lors du festival Livres en Vignes, au château du Clos de Vougeot en Bourgogne, il m’a confié qu’il se considérait beaucoup plus comme un artiste que comme un penseur ou un universitaire. Écoutons-le.EXTRAITS“Le roman est du point de vue de la pensée le lieu de l'ambiguïté. Contrairement à la sociologie qui cherche à expliquer ou à l’histoire qui cherche à collecter, le roman cherche à soulever des questions sans réponse, à montrer comment l’être humain fuit devant toute explication.”“Un bon roman, on n’a jamais fini de le lire.”“Mon objectif était de toucher à quelque chose, qui dépasse cette seule guerre-là [la guerre civile au Cambodge], et qui nous montre, et qui nous parle de nous tous.”“C’est important de tout comprendre et apprendre, et puis de tout déprendre et oublier, pour qu’à la fin, le roman soit un geste très personnel.”“Je crois que, quelque part, ce que l’on raconte tous, toujours, c’est la même histoire, et que, peut-être, Homère est le premier à l'avoir racontée.”“Une fois que je m’abandonne au roman, que je suis près à cueillir le fruit quoiqu’il en coûte (comme disait l’autre), tout d’un coup, parce que j’habite à l’intérieur de ce roman - ce qui peut coûter cher par ailleurs - je peux écrire tout le temps !”“Le livre est un travail collectif. Ce qui fait qu’un texte devient un livre, c’est cette dialectique, c’est ce collectif.”“Éviter à tout prix, et quoiqu’il arrive et à chaque ligne, la morale ! Dire que c’est bien ou mal, que c’est ce qu’il faut faire ou ne pas faire...le roman est le lieu-même de l'ambiguïté morale, de l’absence même de jugement définitif.” CITATION“Pierre passe sous l’aine, et enfonce le couteau au renflement du croupion dont il tient écartés les bords caoutchouteux. Il y a encore quelques heures, ce perdreau volait dans la campagne à la recherche d’une femelle avec qui partager son nid de paille et de boue beurrée. La chair cède. Les vaisseaux s’entortillent autour de la lame. Les entrailles apparaissent : le foie couleur guimauve, le cœur dans un liquide délié, la graisse cireuse, l’intestin, la vessie aux reflets grenadine. Pierre extirpe ensuite les poumons qui ont l’air chacun d’être le cœur d’un animal plus grand et, surtout, moins mort.”Les Contreforts, Calmann-Lévy, 2021LES LIVRES DE L'AUTEURLes Confessions d’un funambule, Éditions de la Table Ronde, 2007, Où la lumière s'effondre, Plon, 2016Réelle, Éditions de l'Observatoire, 2018Avant la longue flamme rouge, Calmann-Lévy, 2020Douze sales gueules, Calmann-Lévy, avril 2020 Les Contreforts, Calmann-Lévy, 2021,  C'est le septième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire (ou une note) svp. À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTMixage et création musicale : Julien HAURANTMusique : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCourtes citations musicales : Tout début du 3ème mouvement du 21ème concerto pour piano K. 467 de Mozart, interprété par Artur Schnabel www.musopen.orgRythme :  "Instinct", tambours taiko www.bensound.com
#6 Notre modernité entre imaginaire et réalité : rencontre avec Aurélien BELLANGER - écrivain, chroniqueur radio, philosophe de formation
Sep 28 2021
#6 Notre modernité entre imaginaire et réalité : rencontre avec Aurélien BELLANGER - écrivain, chroniqueur radio, philosophe de formation
Aurélien Bellanger parle comme il écrit : vite...et très bien. Avec lui, on ne s’ennuie pas. C’est un grand plaisir de l’avoir rencontré lors du salon bourguignon “Livres en Vignes”, au cœur du vignoble dans le château du Clos de Vougeot. Quand il ne parle pas avec les visiteurs du salon, il dessine ou il explore, constamment en éveil et ouvert au monde. Avec son nouveau roman “Téléréalité” paru chez Gallimard, Aurélien Bellanger poursuit son analyse romanesque de la société contemporaine et son projet balzacien d’une nouvelle Comédie Humaine. Après s’être penché sur l’Internet (et le Minitel !), l’aménagement du territoire, l’Europe...il plonge pour notre plus grand bonheur dans l’invention de la téléréalité.Quand on écoute ses chroniques radio ou quand on lit ses romans, on ressent presque physiquement une forme d’urgence et un lyrisme qui vous emportent et vous donnent envie de suivre les tribulations de ses personnages et les réflexions nées de son intense curiosité intellectuelle. Et attention, avec lui, toute ressemblance avec des personnages existants ne sera pas purement fortuite. EXTRAITS“La télévision a toujours été mal aimée, et comme en plus elle a été ringardisée par l’arrivée d’Internet et des réseaux sociaux, j’ai eu à coeur de raconter son histoire, de l’intérieur.”“La téléréalité est vraiment la figure qui va nous permettre de basculer du 20e au 21e siècle, dans la construction d’un nouveau régime des images.”“Je suis très intéressé par les choses sur leur déclin.”“C’est comme si le travail se faisait tout seul, indépendamment de notre regard sur le travail.”"Persévérance et obstination : les vraies vertus des gens qui publient des romans sont les vertus de ténacité.”“En général, c’est plus facile d’être ambitieux, que de ne pas l’être.”Les quatre premiers romans de l'auteur, tous les quatre parus chez Gallimard : La Théorie de l'information, 2012 ;  L’Aménagement du territoire, 2014 ;  Le Grand Paris , 2017 ;  Le Continent de la douceur, 2019 CITATION tirée du Traité des excitants modernes (1838) par Honoré de BALZAC : “L'ivresse jette un voile sur la vie réelle, elle éteint la connaissance des peines et des chagrins, elle permet de déposer le fardeau de la pensée. On comprend alors comment de grands génies ont pu s'en servir, et pourquoi le peuple s'y adonne. Au lieu d'activer le cerveau, le vin l'hébète. "C'est le sixième épisode du podcast littéraire LE JARDIN. Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis, laissez un commentaire (ou une note) svp.  Rendez-vous pour le prochain épisode !À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTMixage et création musicale : Julien HAURANTMusique : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCourtes citations musicales : Dans son roman, “César Birotteau”, Balzac évoque la symphonie n°5 de Beethoven. Extrait du tout début du finale, allegro, comme une grande marche triomphale de la Symphonie no 5 en ut mineur, op. 67, dite “Symphonie du Destin” www.musopen.orgGénérique de la première saison de “Loft Story”, émission télé présentée par Benjamin Castaldi et diffusée sur M6 du 26 avril 2001 au 5 juillet 2001. La chanson du générique “My Only Love” a été composée et interprétée par James Boyle chez Sony.Madame Soleil (1913-1996) est une astrologue française qui anima chaque matin l’horoscope d’Europe 1 de 1970 à 1993 et fit prospérer son activité sur Minitel au 3615 Soleil. Rythme :  "Instinct", tambours taiko www.bensound.com
#5 Faire ses premiers pas d'écrivain : rencontre avec Mona MESSINE
Sep 7 2021
#5 Faire ses premiers pas d'écrivain : rencontre avec Mona MESSINE
Il y a un début à tout.Chaque chose que nous vivons en tant qu'humain connaît sa première fois. C'est peut-être l'une de nos plus grandes caractéristiques : celle de ne pas être guidé par l'instinct mais de grandir grâce aux apprentissages. Et souvent, les débuts sont difficiles ou ils font peur. On a besoin d'être aidé, accompagné.Rappelez-vous à vélo : il a fallu apprendre l'équilibre et pour cela, un adulte bienveillant vous a peut-être expliqué que le vélo ira "là où tu regardes". Et puis il vous a ensuite dit de prendre de la vitesse en conservant votre élan.Pourquoi en serait-il autrement pour les premiers pas en écriture ? On a certainement un peu peur de se lancer. On a peut-être besoin qu'on vous tende un peu la main au début.Dans cet épisode du podcast, nous rencontrons Mona MESSINE pour parler des primo-romancier.es et des débuts en écriture, de l'importance du collectif et des retours critiques...Nous parlons aussi des ateliers d'écriture et de livres, bien sûr.Mona est une autrice française. Son prochain roman paraîtra en septembre 2022 aux éditions des Livres Agités. Elle a imaginé et lancé en 2020, en pleine pandémie, la revue littéraire Débuts qui se donne pour mission de promouvoir des auteurs inédits auprès des lecteurs et des éditeurs.Pour découvrir la revue littéraire DÉBUTS, suivez le lien : le cinquième épisode (et non pas le quatrième comme je le dis au début de l'interview) du podcast littéraire LE JARDIN.Si vous l'avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis et rendez-vous pour le prochain épisode !À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTMixage et création musicale : Julien HAURANTMusique : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCourtes citations musicales :   Sonate pour piano no 14 de Beethoven, dite « Sonate au Clair de lune »,  Op. 27 No. 2 - III. Presto, et, Sonate pour piano no 17 de Beethoven, dite « La Tempête », Op. 31 no. 2 - III. Allegretto , toutes deux interprétées par Paul Pitman  www.musopen.org Écrire pour ne pas mourir, chanson d'Anne Sylvestre, EPM musique :  "Instinct", tambours taiko www.bensound.com
#4 Promenade dans la littérature japonaise avec les auteurs : MISHIMA, TANIZAKI, SÔSEKI, INOUÉ, KAWAKAMI, MURAKAMI, TERAYAMA
Aug 2 2021
#4 Promenade dans la littérature japonaise avec les auteurs : MISHIMA, TANIZAKI, SÔSEKI, INOUÉ, KAWAKAMI, MURAKAMI, TERAYAMA
Dans cet épisode, je vous propose (une fois n'est pas coutume) une balade dans la littérature japonaise avec des lectures d'extraits de sept livres (romans ou nouvelles) d'auteurs et autrices japonais. Il s'agit d'un choix très subjectif, très restreint et très partiel : juste une invitation à découvrir une grosse poignée de textes et à toucher du doigt l'infini richesse de cette littérature.Il est difficile de voyager au Japon en ce moment ; mais il est très facile de lire des ouvrages d'auteurs du Pays du Soleil Levant, bien traduits et suivis par des éditeurs de talent, bien mis en avant par les libraires. Le Japon n'est pas que le pays du manga !Voici le programme :- Confessions d'un masque, Yukio MISHIMA, traduction Dominique Palmé, éditions Gallimard ;- Kôsaku, Yasushi INOUÉ, traduction Geneviève Momber-Sieffert, éditions Denoël ;- Le tatouage, Jun.ichirô TANIZAKI, traduction Marc Mécréant, éditions Gallimard (autre titre mentionné : Éloge de l'ombre) ; - Et puis, Natsume SÔSEKI, traduction Hélène Morita et Yôko Miyamoto, éditions Le serpent à plumes (autre titre mentionné : Le pauvre coeur des hommes) ;- Devant mes yeux le désert, Shuji TERAYAMA, traduction Alain Colas et Yuriko Kaneda, éditions Inculte ;- Chansons populaires de l'ère Showa, Ryû MURAKAMI, traduction Sylvain Cardonnel, éditions Philippe Picquier (autre titre mentionné : Les bébés de la consigne automatique) ;- Manazuru, Hiromi KAWAKAMI, traduction Elisabeth Suetsugu, éditions Philippe Picquier.C'est le quatrième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.N'hésitez pas à laisser des commentaires pour me dire ce qui vous a plu, ce qu'il faudrait améliorer.Et si vous avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis et rendez-vous pour le prochain épisode !À la techniqueConception et interview : François-Xavier ROBERTMixage et création musicale : Julien HAURANTMusique : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCitation : "1966 : Rencontre avec Yukio Mishima parlant français", émission "A la vitrine du libraire"  de l'ORTF 15/01/1966, Archive INA Extraits musicaux :   "Kwartet Japonski II",  compositeur Maciej Żołnowski, issu de www.musopen.org ; "Bell very large strike mallet gong like 49177 "  et "Game music action retro 8 bit repeating 016" issus de www.zapsplat.com
#3 L’envoûtement du lecteur au moyen du seul langage : rencontre avec Mika BIERMANN - écrivain, plasticien, guide de musée
Jul 5 2021
#3 L’envoûtement du lecteur au moyen du seul langage : rencontre avec Mika BIERMANN - écrivain, plasticien, guide de musée
Mika Biermann a reçu le “Prix de l’Instant” en juin 2021 pour son livre, paru aux éditions Anacharsis : Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot. Ce livre forme un diptyque, comme on dit en peinture, avec : Trois jours dans la vie de Paul Cézanne, paru en 2020 chez le même éditeur.J’ai aussi rencontré Sandrine Babu, libraire dans le 15e arrondissement de Paris, qui a imaginé le “Prix de l'Instant”, et qui nous le présentera à la fin de ce podcast.EXTRAITS“Je suis passé par beaucoup d’expérimentations, d’erreurs, d’errances ; mais j’ai continué à écrire. Ça me plaisait bien !”“Le livre, c’est toujours un bel objet. Et toutes les voix de Cassandre qui disent que cela va disparaître, je n’y crois pas une seconde. Et d’ailleurs, il y a quinze ans, on a annoncé la fin du livre, de l’objet, du papier, et non, ce n’est pas venu, cela ne viendra pas.” “Le mot écrit est déjà comme un tableau, comme une image, comme un dessin. Bien sûr, j’écris avec un ordinateur, mais j’ai toujours cet amour du dessin que j’ai connu à l’école des beaux-arts. L’image que je tape avec des lettres bien propres à l’ordinateur, pour retrouver un peu l’écriture à la main, le dessin de la plume Sergent-Major, c’est peut-être de décrire des tableaux.”“Si j’ai écrit le mot “tigre”, il ne mordra personne, mais j’ai déjà mis toute une ambiance : on est déjà chez Kipling, on est déjà dans la jungle. C’est génial, c’est fabuleux cette puissance. [...] Et cette relation entre l’objet abstrait et la vraie vie, le tigre vrai, c’est comme une faille entre les deux, cette chose abstraite et la chose réelle, une faille, une rivière boueuse dans laquelle je me baigne avec plaisir.”“Ecrire ou parler, ou hurler, ou jurer, ou conter fleurette, dans une langue qui n’est pas la sienne, la mienne, la vôtre, dans une langue étrangère, amène une légèreté, une liberté, un degré d’abstraction que je n’ai pas en allemand.”OUVRAGES PARUSLes Trente jours de Marseille, Climats, 1996 Ville propre, La Tangente, 2007 Un Blanc, Anacharsis, 2013 Palais à volonté, P.O.L, 2014 Booming, Anacharsis, 2015 Mikki et le village miniature, P.O.L, 2015 Roi, Anacharsis, 2016 Sangs, P.O.L, 2017 Trois jours dans la vie de Paul Cézanne, Anacharsis, 2020 Trois nuits dans la vie de Berthe Morisot, Anacharsis, 2021C'est le troisième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.N'hésitez pas à laisser des commentaires pour me dire ce qui vous a plu, ce qu'il faudrait améliorer.Et si vous avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis et rendez-vous pour le prochain épisode !À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTMixage et création musicale : Julien HAURANTMusique : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCourtes citations musicales : “Oops!...I did it again”, album éponyme, interprétée par Britney Spears, écrite et produite par Max Martin et Rami Yacoub, chez Jive Records ; “Galvanize”, album “Push the button”, The Chemical Brothers, production Tom Rowlands et Ed Simons ; “And her tears flowed like wine”, film “The big sleep”, interprétée par Lauren Bacall, composition de Stan Kenton et Charles Lawrence, paroles de Joe Greene ; “Rawhide”, générique de la série TV éponyme, composé par Dimitri Tiomkin, sur les paroles de Ned Washington, interprété par Frankie LaneBruitage : tigre, cigales et applaudissements www.zapsplat.com
#2 Mettre le monde à nu : rencontre avec Romain SLOCOMBE - écrivain, réalisateur, traducteur, illustrateur
May 31 2021
#2 Mettre le monde à nu : rencontre avec Romain SLOCOMBE - écrivain, réalisateur, traducteur, illustrateur
Romain SLOCOMBE aime le roman noir. Il prône une forme de sobriété dans le style, alliée à un grand souffle historique, à un sens du mystère et à une capacité très développée à absorber une variété d’informations et à les faire vivre pour nous, ses lecteurs. Rencontre !EXTRAITS“Les monstres et les serial killers m’énervent presque autant que les gentils héros, parce que c’est assez peu courant ! On n’a pas besoin de serial killer pour écrire un roman noir. L’histoire, la vie, la société humaine regorgent de suffisamment d’horreurs sans qu’on ait besoin de tueurs à répétition.”“Mes personnages sont comme des acteurs que je fais improviser devant la caméra pendant le tournage, mais qui ont un petit bout de papier où on leur a écrit grosso modo ce qu’ils devaient dire...”“Un des trucs que j’emploie, c’est de ne jamais décrire précisément quelqu’un ou quelque chose que tout le monde connaît...Par contre, si c’est quelque chose que le lecteur ne connaît pas, ne peut pas connaître ou n’a jamais vu, là au contraire, je vais être assez précis dans ma description.”INTRODUCTION Romain Slocombe. Comme Chris Marker que vous admirez, et comme les chats que lui-même admirait, vous vivez plusieurs vies !Au XXe siècle : vous êtes le regardeur, l’artiste visuel.A la fin des années 70, encore étudiant aux beaux-arts, vous participez au groupe Bazooka, collectif de contre culture, pré punk, avec la volonté de dessiner pour tous et de travailler sur la réalité du monde qui vous entoure, de montrer ce monde, de le mettre à nu. Vous êtes aussi dans l’aventure du magazine Métal Hurlant.Votre première vie se place sous le signe de l’illustration, de la BD, de la photographie, de la réalisation de courts métrages et de documentaires.Au XXIe siècle : vous devenez le grand écrivain de roman noir.On pourrait schématiser ainsi ces vingt dernières années à travers trois de vos personnages récurrents.Au début des années 2000, c’est le règne de Gilbert Woodbrooke, photographe, fétichiste anglais, parodie de vous-même, que vous accompagnez au long de ses 7 aventures japonaises. 10 ans plus tard, vient le tour de Ralph Exeter, journaliste britannique (cette fois-ci votre modèle serait plutôt votre grand-père). Ce personnage vous aide à revisiter l'entre deux guerres, les services secrets, les bolchéviques et tout ce qui se passait dans l'ombre.Et enfin aujourd’hui, vous atteignez des sommets avec Léon Sadorski, le pire des salauds, le meilleur des enquêteurs. Il vous permet d’ausculter la Seconde Guerre Mondiale, l’Occupation et de dresser le portrait d'une société sordide. Chaque roman a son CD attitré que Romain Slocombe écoute tous les soirs en faisant la vaisselle, pendant 9 mois ! Pour le dernier roman qui paraîtra fin août 2021, les deux airs étaient : Insensiblement et Troublant Boléro par Django Reinhardt. C'est le deuxième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.Si vous l' avez aimé, partagez ce podcast avec vos amis et rendez-vous pour le prochain épisode !À LA TECHNIQUEConception et interview : François-Xavier ROBERTMixage et création musicale : Julien HAURANTMusique : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUBERT, guitare classique et guzheng en intro ; arrangement électro en conclusionCourtes citations musicales : “Insensiblement” et “Troublant Boléro” par Django ReinhardtExtraits de : la bande annonce du film “Le facteur sonne toujours deux fois” de Bob Rafelson, 1981 ; “Le langage, c'était mieux avant ?” Archive INA de 1981 avec Alphonse Boudard récitant du François VillonBruitage : pistolet-mitrailleur britannique Sten